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Etienne de LA BOETIE
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Etienne de LA BOETIE
Poèmes de : Etienne de LA BOETIE
Amour, lors que premier ma franchise fut morte
Au milieu des chaleurs de Juillet l'alteré
C'est Amour, c'est Amour, c'est luy seul, je le sens
C'est faict, mon coeur, quitons la liberté
C'estoit alors, quand, les chaleurs passees
Ce dict maint un de moy : De quoy se plaint il tant
Ce jourd'huy du Soleil la chaleur alteree
Ce n'est pas moy que l'on abuse ainsi
Ce sont tes yeux tranchans qui me font le courage
Elle est malaade, helas ! que faut-il que je face
Enfant aveugle, nain, qui n'as autre prouësse
Helas ! combien de jours, helas ! combien de nuicts
J'allois seul remaschant mes angoisses passes
J'ay fait preuve des deux, meshuy je le puis dire
J'ay tant vescu, chetif, en ma langueur
J'ay un Livre Thuscan, dont la tranche est garnie
J'ay veu ses yeulx perçans, j'ay veu sa face claire
J'estois prest d'encourir pour jamais quelque blasme
Jà reluisoit la benoiste journee
Je ne croiray jamais que de Venus sortisse
Je publiëray ce bel esprit qu'elle a
Je sçay ton ferme cueur, je cognois ta constance
Je tremblois devant elle, et attendois, transi
Je veux qu'on sçache au vray comme elle estoit armee
Je voy bien, ma Dourdouigne, encor humble tu vas
L'un chante les amours de la trop belle Hélène
Lors que lasse est de me lasser ma peine
Maint homme qui m'entend, lors qu'ainsi je la vante
N'ayez plus, mes amis, n'ayez plus ceste envie
Ô coeur léger, ô courage mal seur
Ô l'ai je dict ? helas ! l'ai je songé ?
Ô qui a jamais veu une barquette telle
Ô vous, maudits sonnets, vous qui printes l'audace
Ô, entre tes beautez, que ta constance est belle
Or, dis je bien, mon esperance est morte
Ores je te veux faire un solennel serment
Où qu'aille le Soleil, il ne voit terre aucune
Ou soit lors que le jour le beau Soleil nous donne
Pardon, Amour, Pardon : ô seigneur, je te voüe
Puis qu'ainsi sont mes dures destinees
Quand celle j'oy parler qui pare nostre France
Quand j'ose voir Madame, Amour guerre me livre
Quand tes yeux conquerans estonné je regarde
Quand viendra ce jour là, que ton nom au vray passe
Quant à chanter ton los par fois je m'adventure
Quoy ? qu'est ce ? ô vans, ô nuës, ô l'orage !
Reproche moy maintenant, je le veux
Si contre Amour je n'ay autre deffence
Si ma raison en moy s'est peu remettre
Si onc j'eus droit, or j'en ay de me plaindre
Toy qui oys mes souspirs, ne me sois rigoureux
Tu m'as rendu la veuë, Amour, je le confesse
Un Lundy fut le jour de la grande journee
Vous qui aimez encore ne sçavez
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